En 2012, nous fêterons les 150 ans du tram à Genève. Quelles sont les grandes étapes qui nous ont fait passer du « chemin de fer américain » de la ligne Place Neuve – Rondeau de Carouge à la « TANGO » qui montera à Bernex cette année-là ?

Dès 1833, le temps des omnibus.

1833 marque l'année du début des transports publics à Genève avec l'ouverture de la première ligne régulière d'omnibus entre la Place Neuve et le Rondeau de Carouge. Exploitation routière cadencée à l'heure, bientôt à la demi-heure, les premiers omnibus sont des carrioles à 4 places tirées par un ou plusieurs chevaux.

Dès 1862, le temps des tramways hippomobiles

Flot croissant de voyageurs et capacité restreinte des omnibus contraignent à trouver d'autres solutions pour les axes où la demande est forte. La « solution », ce sera le tramway tiré par des chevaux. On passe alors de la route au rail, même si les omnibus continuent à rayonner sur les axes moins chargés.

Dès 1878, le temps des trams à vapeur

A nouveau, le problème de la capacité des convois va conduire à la recherche d'un mode de traction plus approprié à la demande. Ainsi, dès 1877, la compagnie des TS procède à des essais avec sa première machine à vapeur de tramway, mode de traction qui se généralisera plus tard sur Carouge – Chêne.

Dès 1894, les premiers trams électriques

C'est en 1881 qu'est mis en service le premier tram électrique du monde, à Berlin. Il faut attendre 1888 pour voir circuler le premier tram électrique de Suisse, sur la ligne Vevey – Territet.
Dès 1882 déjà, on songe à créer une ligne électrifiée à Genève, sur l'axe Petit-Saconnex – Champel. Il faudra néanmoins attendre encore une douzaine d'années pour mettre tout le monde d'accord.

Dès 1900, la Compagnie Genevoise des Tramways Electriques (CGTE)

La fusion des deux compagnies existantes (TS et VE) n'avait pas pu se concrétiser dans les dernières années du XIXe siècle. C'est une troisième venue, la Compagnie Genevoise des Tramways Electriques (CGTE), société privée fondée le 11 août 1899, qui la réalisera au tournant du siècle. Grâce à un capital de départ important pour l'époque (5 millions de francs), elle absorbe les TS au 1er décembre 1900 et les VE au 1er janvier 1901. Le Genève-Veyrier échappe à cette unification et restera indépendant.

Le titre de la nouvelle compagnie annonce bien la couleur : le réseau sera tout électrique. La CGTE « hérite » donc d'un réseau de 20 km à voie normale, presque entièrement électrifié (TS) et d'un réseau de 76 km à voie étroite, encore exploité en totalité par traction à vapeur (VE). Vu la proportion des voies existantes (4/5e), c'est la voie métrique qui est choisie pour uniformiser le réseau. La CGTE construit son grand dépôt-ateliers à La Jonction.

1903-1924 : l'apogée du réseau de trams

Le premier quart du XXe siècle nous montre un réseau de lignes de tramways électriques à son apogée. Le maximum de kilomètres de lignes CGTE est déjà atteint à fin 1903, avec 125,560 km et passe à 123,646 km en 1909, après le démontage de l'éphémère ligne de la Vieille-Ville.

Dès 1928, les premiers autobus et le début du lent déclin des tramways

Avec un réseau de trams étendu, comportant de nombreuses lignes de campagne déficitaires, il n'est pas étonnant de voir surgir de grosses difficultés financières dans les années 1920-1930. La situation de la dette deviendra même si sérieuse qu'elle conduira la CGTE à demander un sursis concordataire en 1924, après le refus par le canton de l'autoriser à augmenter ses tarifs.

Dès 1942, les premiers trolleybus

Les années 1941 – 1949 sont marquées par une augmentation de la fréquentation des lignes, ce qui conduit à un certain nombre de modifications du réseau. Ainsi, en plus de la réintroduction du tram sur certains tronçons passés à l'exploitation par autobus, les lignes de trams suivantes sont remaniées en 1941: la ligne 6, la ligne 8 et la ligne 5.

1950 – 1969 : la « normalisation » et le déclin rapide du tram

Avec un fort développement démographique impliquant l'extension de la périphérie de la ville, la création de nouvelles cités et une augmentation importante du trafic général (privé surtout), avec le déclin rapide du tramway jugé alors désuet et son remplacement par des lignes de trolleybus et d'autobus, et avec l'ouverture de nouvelles lignes, les transports publics de l'agglomération genevoise entrent dans l'ère de la « normalisation ».

1977 : Naissance des tpg

Après bien des débats politiques, c'est le premier janvier 1977 que la CGTE (Compagnie Genevoise des Tramways Electriques), société anonyme, a été reprise par les tpg (Transports Publics Genevois), régie autonome et établissement de droit public cantonal.

2012 : 70 ans de trolleybus et 150 ans de tramways

En 2012, les tpg fête les 70 ans du trolleybus à Genève et les 150 ans du tramways.